Rencontre avec the AIM, nouveau groupe dans le paysage rock en Belgique.
Un Rock-Pop anglo-saxon, aux textes chargés de colère et de questionnements.

Le chanteur Guillaume Corpard a accepté de répondre à nos questions, avant la sortie de leur album EMERGENCY – sortie automne 2008 chez Moonzoo, label de rock belge distribué par Universal.

Tout d'abord, pourquoi The aiM ? :

GC  : " The aiM, ça veut dire le but, l'objectif. C'est peut-être parce que tous les trois (on est un trio), on a l'envie de ne pas faire de blabla, d'aller direct au but. C'est vrai que nous avons joué dans différentes formations chacun, mais maintenant cette volonté de faire ce groupe répond à une urgence pour chacun de nous. Faire cette musique qui nous vient des tripes, qui nous vient du cœur… The aiM, ça nous semblait quelque chose d'assez approprié".

Groupe franco-belge : deux Belges, un Français, vous tournez le dos à la France ? :

GC
 : "On peut dire ça comme ça, mais ce n'est pas réellement le cas (rire). Disons que nous découvrons la Belgique et nous l'aimons. C'est vrai que c'est un petit pays en surface mais finalement, culturellement, elle a un certain poids. Elle est très ouverte, multiculturelle. Et puis il y a une absence de complexes par rapport à la langue anglaise et sa culture ! Et nous, ça nous plait pour notre musique."

Ta réponse, c'est un peu provoc' ? Comme le doigt sur la pochette ? Ou comme Emergency, le nom de l'album ? Pourquoi ?

GC  : "Sur la pochette du single, il y a un animal qui fait un doigt… Les animaux sont en colère et se foutent peut-être un peu de notre gueule. Nous ne savons pas faire autre chose que nous auto-détruire. Emergency, ça veut dire ce que ça veut dire, - urgence, sortie de secours - pour nous aussi c'est un peu dans l'urgence qu'on a fait cette musique parce que, comme je vous le disais tout à l'heure, c'est quelque chose qui vient du cœur, qui vient des tripes. On a eu l'impérieux besoin de faire cet album, on a très envie de le défendre et d'aller sur scène avec ces morceaux.

Sans vouloir tomber dans les lieux communs, nous sommes très inquiets au sujet de la situation politique : notre civilisation est mal barrée. Écologiquement, on est en train de vivre un drame, c'est quelque chose d'assez grave et de très nouveau dans l'histoire de l'humanité… Et dans nos pays on continue de s'inquiéter de la bourse, de l'économie, de la santé de nos industriels... On nage dans le grand n'importe quoi ! C'est vrai que l'on parle de pas mal de sujets comme ceux-là dans notre album, c'est pour ça qu'il s'appelle Emergency. Nous n'inventons peut-être pas la poudre, mais nous sommes ancrés dans notre monde, dans notre temps : il faudrait être fou aujourd'hui pour ne pas être mort de trouille par ce que font les humains !

Après, vous ne trouverez pas que de l'indignation et de la révolte... Nous ne sommes pas "les justiciers" qui parlent du monde, et qui apportent les réponses clé en main … Il y a beaucoup de sujets qui abordent la question de la spiritualité. Résoudre des problèmes intérieurs et s'élever individuellement, déjà, et ensuite parler de notre société et de notre place dans cette société… Il y a beaucoup de ces interrogations dans nos textes : l'intérêt pour l'élévation intérieure, personnelle."

Combien de chansons sur Emergency ?

GC 
: "Il y a 11 titres, et il y en aura sûrement d'autres en bonus sur les singles ou sur Internet. Ces titres ont été enregistrés l'année dernière dont deux par Radio France avec Philippe Cabon, ingénieur du son de Noir Désir, d'Iggy Pop et d'autres. Un drôle de mec, très sympa. Ensuite on a encore enregistré 10 autres titres. Et maintenant, faut choisir ! Nous en sommes au mixage. L'album verra le jour en automne 2008... Faut dire que l'on en a marre d'attendre !"

Tu peux nous présenter les musiciens ?  D'où vous venez, les influences ?

GC  : "On est 3 dans The aiM, deux Belges et un Français. Pour commencer par notre bassiste, Nicolas Debois, il est de Bruxelles. Multi-instrumentiste et ingénieur du son de métier, ce mec est un véritable touche-à-tout ! (rire) Et en plus il a du talent. Il y a Gilles Servais qui vient de Bruxelles également, c'est le batteur. Il a passé un an à Londres pour jouer, il a fait un tour au Pays de Galles aussi, et puis l'appel de la frite a dû être plus fort...(rire) Il est de retour ici avec THE AIM. Enfin en ce qui me concerne, je viens de débarquer en Belgique. A l'origine je viens de Nantes, en France, où je menais une carrière solo, sous mon nom. On vient d'arriver dans la jolie campagne Wallonne. On a pris une ferme et on vit avec les animaux ! Nous y faisons nos résidences et y travaillons actuellement, pour la fin de l'album…

Pour parler de nos influences, c'est assez difficile car elles sont très variées. On écoute des choses qui peuvent aller de Mozart jusqu'à dEUS, alors c'est très large ! ...Et en passant par le jazz ou la world. Franchement, ce n'est pas pour jouer aux érudits, car nous n'en sommes pas... Mais on écoute presque de tout. On écoute du rock, de la pop, du jazz, de l'électro jazz, du métal, de la prog et beaucoup de classique ! Des textes en français aussi, à la Cantat, à la Biolay... ou pour parler d'un belge connu…Brel! Mais évidemment beaucoup de choses très anglaises, question pop... Personnellement je ne me suis jamais remis des Pink Floyd ! (rire)

Et euh… sur un plan un peu plus large, c'est aussi dans la littérature, la poésie, le cinéma, la vie des gens, que l'on puise… Enfin on met dans notre univers pas mal d'ingrédients, qui correspondent à nos inspirations à chacun.

Bruxelles, janvier 2008
V.S. magazine